Depuis septembre, j'exerce mon métier dans un nouvel endroit. Chance des chances, je peux toujours aller au boulot à vélo, cependant l'itinéraire a changé, et le vécu aussi, pas qu'un peu.
Parcours pendant les cinq dernières années : ville assez dense. Sur une grande artère, on a la chance d'avoir une bande cyclable, mais elle est placée stratégiquement - ou pas - entre la file des voitures et les places de stationnement.
Vous imaginez peut-être déjà les problèmes : voitures qui se garent, voitures qui sortent de stationnement, portières qui s'ouvrent, tout cela sur la bande cyclable et sans trop de souci des deux-roues et de celleux qui les chevauchent. Ajoutez pour faire bonne mesure des camionnettes et des voitures stationnées sur ladite bande, puisqu'il y a plein de commerces et que c'est bon, ielles en ont pour cinq minutes. (Les gens qui livrent, je veux bien, celleux qui achètent, je la trouve déjà nettement plus saumâtre.)
Bon côté de cet itinéraire, tout de même : il me faisait longer un fleuve pendant une dizaine de minutes, et profiter des piafs qui vont avec (canards, foulques, poules d'eau, et même quelques cormorans). Et puis j'avais le temps de respirer aux feux rouges (sauf quand des passager-es me crachaient leur fumée au visage, certes).
Mon nouveau chemin est très différent.
Il me fait passer essentiellement sur des routes de campagne périurbaine, assez peu fréquentées, limitées à 50 ou 30.
Sur une partie de l'itinéraire, j'ai une piste cyclable, séparée du flot des voitures, carrément, que je dois partager avec les piéton-nes (parfois avec des chien-nes, certain-nes pas franchement enthousiastes à l'idée d'avoir un vélo qui passe tout près) et avec des chevaux (enfin, je ne les vois jamais, ils sont de sortie le week-end, mais ils nous laissent de pas-si-petits souvenirs - si vous pensiez que la merde de chien sur la piste cyclable était casse-pied à éviter, essayez la pile de crottin, vous m'en direz des nouvelles).
Sur pratiquement tout le reste du parcours, il y a une bande cyclable, plutôt bien respectée.
Je n'ai plus un feu rouge sur tout le trajet ; il y a seulement un petit rond-point et des priorités à droite, où le plus souvent il n'y a personne. Je ne mets donc pratiquement plus pied à terre entre le départ et l'arrivée.
J'ai perdu les cormorans, certes, mais gagné des corbeaux dans les champs, et deux fois déjà un héron !
Je profite aussi d'un ciel bien plus dégagé en moyenne, des couchers et des levers de soleils qui me font sourire si large que le haut de ma tête pourrait tomber.
J'ai mesuré, surtout, que quand on parle de vélotaf, on peut signifier des réalités très, très distinctes, et que je ferais bien à l'avenir d'élargir mon image du vécu de celleux qui, comme moi, pédalent jusqu'à leur boulot.
Tu es dans une salle de spectable, tu attends le début. Un gars entre sur la scène avec un balai. Tu pourrais croire à un nettoyage de dernière minute, mais eh, on ne te la fait pas, à toi : tu es venu-e pour Stomp, et on va taper du pied, du balai, de tout ce qu'il est possible de taper, tant que ce n'est pas techniquement un instrument de musique.








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