lundi 23 juillet 2018

Petits bonheurs de rangement en bibliothèque

  1. Mettre de la musique et ranger en se trémoussant et en chantant
  2. Rire bêtement en rangeant des cotes “ASS” ou “CUL” (oui, j’ai le ricanement bilingue)
  3. Murmurer “Eviv Bulgroz” devant une cote “ZOR”
  4. Faire avec ses collègues le concours du titre le plus bizarroïde
  5. Ranger à la perfection un rayon très dérangé
  6. En profiter pour désherber un peu
  7. Finir une rangée, demander au collègue le plus proche “on fait quoi maintenant ?” et entendre “ça y est, on a fini !”
  8. Contempler son travail avec le sentiment du devoir accompli : ici l’usager trouvera ce qu’il cherche. Au moins jusqu’à demain.

mercredi 13 juin 2018

Le surligneur

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Photo de Jazmin Quaynor

Quand j’étais jeune fille et que j’étudiais, je ne connaissais pas l’usage des surligneurs. Je gardais le silence en voyant d’autres étudiants les utiliser à tour de bras, mais intérieurement, je considérais ces feutres fluo comme des instruments du diable : de quoi défigurer l’ami d’entre les amis, un livre. Quel genre de sauvage fait ça ? Il y a un cercle de l’enfer réservé à ceux qui commettent ce genre de crime, non ? Attendez, je demande à Dante.

À l’époque il me suffisait de lire pour retenir ce que je souhaitais retenir, et je ne connaissais pas ma chance.

Avance rapide de quelques années, j’ai repris mes études. Je suis plus vieille qu’autrefois, je suis aussi bien moins disponible mentalement, famille oblige. J’éprouve donc plus de difficultés à retenir ce que je lis simplement en le lisant. C’est alors que je découvre à quoi sert le surligneur.

Est-ce que le surligneur est laid ? D’un point de vue strictement esthétique, je dirais toujours que oui. Mais d’un point de vue intellectuel, c’est un instrument bien plus riche qu’il n’y parait. Il permet de repérer ce qui est essentiel dans un texte, ce qu’on décide de retenir. Il permet de le matérialiser, non seulement par la couleur, mais aussi par le geste de la main sur le papier. Il permet à un livre banal de devenir son livre, celui qui a fait l’objet d’un traitement spécial, et il permet quand on y revient d’aller tout de suite à l’essentiel.

Par contre, entendonc-nous bien : le paragraphe précédent ne concerne que les bouquins qu’on possède. J’ai demandé à Dante, et le cercle de l’enfer dont je supputais l’existence ? Il est réservé aux vandales qui surlignent les livres de bibliothèque.

lundi 5 mars 2018

Nickel chrome !

Earrings by Petar Petkovski
Earrings by Petar Petkovski

Il y a quelques mois, des rougeurs au niveau des oreilles m’ont fait craindre une allergie au nickel. Les semaines qui ont suivi, je n’ai porté que les paires de boucles d’oreilles dont j’étais sûre qu’elles n’en contenaient pas, la vendeuse me l’ayant assuré. Après avoir quelque peu procrastiné, j’ai fini par acheter le petit kit qui me permettrait de tester toutes mes boucles d’oreilles, pour me débarrasser de celles qui contiendraient du nickel.

Je me suis installée dehors, pour éviter de trop respirer les produits chimiques du test, et j’ai étalé sur la table de jardin les bijoux incriminés. Le contrôle est assez amusant à faire ; il faut mélanger sur un coton-tige quelques gouttes de chaque produit, et frotter ledit coton sur la surface à tester pendant une trentaine de secondes. La solution vire au rose en présence de nickel.

J’ai mélangé soigneusement, frotté méticuleusement.

Heureusement pour moi qui adore les boucles d’oreilles, très peu de mes bijoux chéris contenaient du nickel, et sur les quelques paires qui ont réagi la plupart permettaient sans souci de récupérer le bijou en changeant seulement le fermoir.

Encore plus heureusement pour moi, je ne suis pas allergique au nickel. Parce que les boucles qui ont fait réagir le produit le plus rapidement étaient justement celles que j’avais portées pendant des semaines avant de faire le test.

mercredi 3 janvier 2018

Reprendre

Hard Work, by Andrew Neel (Unsplash)
Hard Work, par Andrew Neel

En septembre, j’ai repris mes études. 

Il y a une petite quinzaine d’années, j’ai quitté la fac, avec un diplôme qui me permettait d’exercer le métier que je visais, avec plein d’espoir et d’allant. J’y reviens aujourd’hui, dans les mêmes locaux, avec des années en plus, des enfants en plus, et je vise un métier différent. Non que le premier m’ait déçue , non. Mais la difficulté de trouver un autre emploi alors que je m’encroûtais dans celui où j’étais, mais l’envie de faire autre chose, de développer des qualités en moi que je ne soupçonnais pas il y a quinze ans, tout cela m’a poussée à faire un nouveau choix. 

Retrouver la fac, dont les locaux n’ont pas beaucoup changé, et où il fait toujours aussi froid l’hiver. Au début j’ai ressenti des émotions très fortes et un peu étrangères à ce que je vivais, j’ai fini par comprendre que c’était l’effet madeleine, que retrouver presque identiques les lieux où j’étais quand ma mère est morte, puis quand j’ai rencontré mon homme, tout cela faisait remonter à la surface des souvenirs ressentis plus que pensés. 

Retrouver la fac et ses contraintes, auxquelles je ne peux plus répondre comme il y a quinze ans ; une vie de mère et de femme amoureuse n’est pas une vie de jeune femme amoureuse. Il a fallu trouver de nouvelles réponses aux questions que je connaissais déjà, de nouvelles façons de travailler. 

Retrouver la fac et rencontrer des jeunes. C’est drôle parce que je suis sûre qu’il y a quinze ans la fac était fréquentée par des gens, rien de plus, et maintenant c’est bourré de jeunes. Heureusement que beaucoup d’entre eux supportent joyeusement mes cheveux blancs et mon humour de traviole. 

Retrouver la fac, pour un an au moins. Éspérer en sortir avec un autre diplôme, en route pour un autre métier. Croire que je pourrai y trouver de la joie et en donner aussi. Penser que les chemins les plus droits ne sont pas forcément les meilleurs. 

vendredi 29 décembre 2017

Le thé

Teapot by 童 彤
Teapot by 童 彤 

Les boules à thé, c’est mon père qui les a choisies pour moi il y a bien longtemps. 

La théière est arrivée dans un joli paquet porté par ma sœur.

On m’a offert le thé l’année dernière. 

Les tasses sont presque toutes des cadeaux. 

Il ne manquait que la petite soucoupe pour poser la boule à thé, celle que j’ai trouvée bien emballée à Noël : aujourd’hui mon thé n’est plus que gratitude. 

vendredi 1 décembre 2017

Les chaînes pour chaussures, ou À pas de yak

Là où je vis, l’hiver 2012-2013 a été particulièrement neigeux. La neige est tombée souvent, et des températures basses l’ont préservée sur les trottoirs, martelée par des milliers de pieds, verglacée au possible. Pendant les semaines de janvier où il a fait le plus froid, la neige n’a pas été la seule à choir.

C’est après ma troisième chute, alors que j’employais un langage vigoureux au sujet du climat hivernal et des gens qui ne déneigent pas leur trottoir, qu’une bonne âme m’a informée de l’existence d’un machin dont je n’ai pas trouvé le nom officiel (en a-t-il un ?) et que j’ai instantanément décidé d’appeler des chaînes pour chaussures.

photo des chaînes pour chaussures

C’est une structure en plastique souple à adapter sur ses chaussures. En-dessous, deux croix entourées d’une spirale en acier sur laquelle on marche. Je m’en sers à chaque chute de neige depuis début 2013, et voilà ce que j’en pense.

Je les ai testées en ville, sur de la neige fraîche, de la neige verglacée, et sur un verglas peu épais mais très glissant (suite à une pluie verglaçante qui avait transformé les trottoirs en miroirs). À chaque fois, je n’en ai pas cru mes pieds. La spirale en acier mord sans problème dans la glace, et on marche normalement. Pas de chute, pas de douleur aux cuisses ou au dos à force de se tenir comme un pingouin. Le gros avantage de ces engins comparés à des crampons est qu’ils ne s’abîment pas quand on marche sur un trottoir déneigé. On les sent un peu, mais ce n’est pas très gênant.

Ils sont simples à mettre sur ses chaussures. Il faut juste poser le côté avant sur le devant du soulier puis tirer sur l’arrière pour les passer derrière le talon (il en existe plusieurs tailles, chaque taille correspond à plusieurs pointures). Ils s’enlèvent aussi très facilement, et c’est un point important. En effet, ce qui est très pratique sur la glace et peu dérangeant sur le bitume devient casse-gueule sur le carrelage, il faut donc les enlever avant d’entrer dans un bâtiment.

J’ai porté mes bidules sur des bottines et des baskets. Les baskets m’ont semblé plus confortables ; avec une semelle souple, on sent moins la spirale sous ses pieds quand on marche sur terrain dégagé. Évidemment, l’avantage va tout de même aux bottines en cas de grosse couche de neige.

Les chaînes pour chaussures ont trouvé leur place dans mon sac, et ne le quitteront pas tant que je n’aurai pas besoin de les remplacer par des lunettes de soleil. La manœuvre inverse se fera sans doute fin octobre. La marque des miennes est Yaktrax, mais je pense qu’il existe des alternatives. Maintenant, à vous de jouer pour sauver vos coccyx !

dimanche 14 mai 2017

Aller méditer ailleurs

Il y a quelques mois que je me suis lancée dans la pratique méditative, avec l'aide d'une application pour portable très basique qui fait des gongs et des glouglous pendant une durée donnée, et de CDs. Puis, sur les conseils de plusieurs personnes, j'ai installé une nouvelle appli de méditation sur mon téléphone portable. Celle-ci propose quelques méditations guidées gratuites, puis un abonnement pour accéder au reste. J'ai téléchargé les premières méditations gratuites parce que je mets toujours mon portable en mode avion quand je médite.

Dans la semaine qui a suivi, j'ai fait une méditation par jour avec la nouvelle appli. J'ai trouvé la voix agréable et le contenu plutôt bien pensé, j'ai seulement un peu tiqué en constatant que le nom du programme était presque systématiquement cité dans le texte de la méditation. Je suis arrivée au bout des méditations gratuites, et j'ai commencé à peser le pour et le contre de l'abonnement.

J'y réfléchissais encore un soir de cette semaine, quand j'ai refait une des méditations gratuites en oubliant d'enclencher le mode avion.

Le lendemain j'étais bombarbée de mails de l'application, mails enclenchés automatiquement dès que l'information était arrivée que j'avais suivi la première méditation, puis la Xième, puis la dernière gratuite.

Je n'aime pas qu'on récupère mes données. J'aime encore moins qu'on le fasse dans le cadre d'une application payante (ce n'était pas encore le cas, mais je ne me fais aucune illusion ; on n'allait pas arrêter de me pister quand j'aurais commencé à payer). Et trouvez-moi naïve si ça vous chante, mais je m'attendais à mieux côté déontologie de la part d'une application de méditation. Autant vous dire que je vais aller méditer ailleurs, plus spécifiquement avec l'aide de mes bons vieux CDs et de mon appli à glouglous, qui a la décence de me demander mon avis avant d'enregistrer quoi que ce soit.

samedi 22 avril 2017

Avoir un bon toubib

J'ai l'immense chance d'avoir un médecin traitant formidable, et la petite malchance de devoir fréquenter des spécialistes pour mes enfants qui ont des allergies. Je tiens donc à hurler ma joie d'avoir rencontré une allergologue qui a pris le temps de :

  • Parler à mon fils (pas tout à fait 3 ans), lui raconter une petite histoire pour le distraire en regardant bien ses réactions pendant une procédure un peu désagréable (prick test, pour les connaisseurs),
  • Lui filer plein de jouets, de feutres et de tampons pendant qu'on attendait le résultat du test et, au lieu de nous mettre dans la salle d'attente, en profiter pour m'expliquer l'urticaire et l'eczéma comme on ne me les avait jamais expliqués, avec des dessins et des questions,
  • Effacer elle-même les traits de stylo du test sur le bras de mon fils après la lecture,
  • Relire son ordonnance point par point avec moi, en vérifiant que j'avais bien compris dans quel cas utiliser quel médicament.

Un soignant qui traite les enfants comme les personnes qu'ils sont, et qui fait tout ce qu'il faut pour que les parents comprennent le schmilblick, ça fait vraiment du bien, et ça mérite d'être dit et applaudi.

mercredi 22 mars 2017

Le Bullet Journal à la cool

Comme à peu près la moitié des internautes, j'ai commencé un Bullet Journal il y a un an et demi. Comme une proportion légèrement inférieure de ces internautes, je le tiens toujours avec autant de bonheur ; j'ai trouvé la formule qui correspond à mon besoin d'organisation pour le moment, la bonne balance entre "suffisament léger à tenir" et "utile". Voici à peu près à quoi mon Bullet Journal ressemble. 

C'est un cahier A5 ligné à spirales (certaines personnes ne peuvent pas supporter les spirales, moi je ne peux pas faire sans : les spirales me permettent d'avoir toujours un support assez épais pour écrire, même sur les pages de gauche en début de carnet ou les pages de droite en fin de carnet). J'ai numéroté les pages manuellement. 

J'y écris avec des stylos effaçables (pilot frixion et uni-ball fanthom). J'aime beaucoup pouvoir corriger quand c'est nécessaire en gardant un aspect correct.

Au début du carnet, très logiquement, l'index, THE place to be si on veut retrouver son information. 

Ensuite, une série de listes, que je mets à jour quand le besoin s'en fait sentir. 

D'abord, une liste de choses à faire. Dans la version "de base" du Bullet Journal on en fait une par jour, c'est beaucoup trop lourd pour moi ; j'en crée une par semaine. Chaque ligne commence par un petit carré que je coche quand la tache est effectuée, ou à côté duquel je dessine une petite flêche quand elle est reportée. 

J'ai une liste de livres/magazines que j'ai repérés, intitulée, de manière très originale, "à lire", ainsi qu'une liste de films ou séries qu'on m'a recommandés, que j'appelle, de manière tout aussi dingue, "à voir". Je rajoute une petite coche en fin de ligne, en couleur, quand j'ai trouvé et lu/vu son contenu. 

J'ai également un inventaire de livres lus, de films et séries vus, avec une répartition par mois. J'essaye d'ajouter à chaque fois quelques mots sur ce que j'en ai pensé.

Je garde une page pour les "grands" projets de l'année. 

Enfin, ma liste préférée, celle des joies ; j'essaye de me poser chaque soir pour noter au moins une chose qui m'a fait plaisir. C'est un bon exercice pour penser positif. 

Je tiens aussi depuis quelques mois une page de trackers, assez simple ; je sais que je ne tiendrais pas sur la longueur une comptabilité précise du type nombre de verres d'eau bus ou nombre de pas effectués (à vrai dire je n'en verrais pas l'intérêt), je note donc uniquement, tous les jours, si j'ai lu, regardé la télévision, fait du sport, médité, ou si je suis sortie (hors travail). Je fais une simple coche dans la case pour "oui" (et rien pour "non") ; rapide et efficace.

Les listes "en cours" sont marquées grâce à des petits signets repositionnables de différentes couleurs. 

La dernière page du carnet contenant une pochette, j'y ai glissé mes réserves de signets et un beau marque-page plastifié qui me sert de règle pour souligner les titres ou tracer les tableaux des trackers. 

Mes rendez-vous et mon planning sont toujours dans un agenda (papier), je m'y retrouve mieux comme ça. 

Le Bullet Journal a pour moi de nombreux aspects positifs. 

Établir une liste de tâches à accomplir toutes les semaines me permet d'être plus sereine (je me sens mieux avec des objectifs bien définis). Cela m'a aussi poussée à diviser les tâches un peu lourdes ("faire refaire un passeport" par exemple) en tâches plus légères ("faire des photos", "télécharger le formulaire", "demander un extrait de naissance"...). La montagne en parait plus facile à gravir, et chaque effort accompli plus gratifiant. 

Les trackers d'habitudes m'ont permis de prendre conscience desdites et de réduire, par exemple, le nombre de soirées que je passais devant la télévision.

Noter ce que j'ai envie de lire/regarder à un seul endroit (dans un carnet - avec index - que j'ai presque toujours sous la main) me permet de savoir où chercher quand je suis à la médiathèque, ou qu'on me demande ce qui me ferait plaisir pour mon anniversaire. Auparavant je n'avais jamais la bonne liste sur moi quand j'en avais besoin (je prenais des notes soit dans un carnet tellement brouillon qu'il était impossible de s'y retrouver, soit en remplissant une wish-list en ligne, pas pratique pour y accéder ensuite). 

J'aime relire les titres de livres lus pour me rappeler du plaisir que j'ai eu à les lire. 

Les listes de joies, elles, sont de vrais trésors en cas de cafard. 

Si je résume, le Bullet Journal me permet à la fois d'être plus organisée (donc plus tranquille) et, en prenant conscience de ce que j'accomplis, de m'en sentir fière ; on ne s'étonnera donc pas que je continue à l'utiliser maintenant que la grand-mode en est passée.

samedi 24 décembre 2016

Noël surprise

Cette année Noël m'a prise par suprise.

En me relisant, moi-même je trouve ça bizarre ; on bouffe du Noël dans tous les catalogues, dans toutes les rues, les journaux, les magasins depuis fin octobre. Comment est-il possible de passer à côté ?

J'avais pris la ferme résolution de ne pas penser à Noël comme "proche" avant le début de l'Avent (dans le calendrier catholique l'Avent commence quatre dimanches avant Noël, cette année c'était le 27 Novembre). Je me suis donc appliquée à penser à autre chose pendant le plus gros du mois de Novembre.

Arrive le 27 Novembre, je commence tout doucement à ouvrir mon cœur à cette joie si particulière, et le lendemain, boum, un coup de fil m'apprend une nouvelle familiale qui m'a replongée dans des souvenirs amers.

J'ai passé le mois de Décembre en apnée, avec juste assez d'allant pour préparer de petits cadeaux pour ceux qui me sont chers, pour qu'ils se sentent aimés. Je n'ai pas été à une seule messe de l'Avent.

Nous voilà au 24 Décembre. Jusqu'à hier je ne savais pas ce qu'on allait manger ce soir ni quand notre unique invité viendrait chez nous (ce soir ou demain).

Noël m'a prise par surprise, ça oui. J'ai pourtant le pressentiment que ce sera une belle fête pour nous cette année, malgré l'improvisation sur les détails ; c'est le cadeau que m'ont fait ceux qui ont montré leur joie de Noël. Et je vous souhaite à tous, que vous soyez seuls ou en compagnie, que vous prépariez Noël depuis des mois ou que vous faisiez partie de l'équipe dernière minute, de trouver cette joie-là, celle d'aimer et d'être aimé.

vendredi 25 novembre 2016

Qui veut pisser debout ?

Tout a commencé par ce billet de Kozlika qui déplorait que sans pénis on ne puisse faire pipi debout, et recensait les méthodes pour se soulager dans des toilettes publiques sans (trop) se salir.

Je n’avais à l’époque (oui, ça date tout de même de 2007) pas osé publier en commentaire ma méthode personnelle qui consiste à poser les mains de part et d’autre de la lunette, s’asseoir sur ses mains, puis faire un petit mouvement de poignet pour attraper le papier par ses deux extrémités, de manière à pouvoir s’essuyer dans que les mains ne touchent l’entrejambe.

C’est en-dessous dudit billet qu’une moins timide que moi avait donné un lien vers un site Internet révélant qu’il existait des accessoires permettant de faire pipi debout même quand on est pas naturellement équipé pour.

J’avais trouvé l’idée rigolote ; elle m’est restée dans un coin de la tête, et quand j’en ai eu vraiment marre de devoir aller me cacher loin à chaque fois qu’une envie pressante me prenait en pleine nature, ou de repartir avec les mains dans un état déplorable des toilettes des bords d’autoroutes qui, non content d’être sales, ne permettent pas toujours de se laver les mains, j’ai investi dans cet engin.

Ça s’appelle un pisse-debout, et ça change la vie des personnes qui n’ont pas de pénis.

Plus besoin de se déculotter complètement quand on est dehors. Plus besoin de se salir les cuisses ou les mains dans des toilettes douteuses. Il suffit de l’avoir sur soi, de se déshabiller juste assez pour pouvoir se le glisser en-dessous de l’urètre et zou, on peut évacuer tranquille. Deux ou trois fois chez soi pour prendre le coup (c’est qu’il n’est pas forcément facile de relâcher le périnée dans cette position après des années à ne le faire qu’assise), et voilà, bienvenue la liberté ; on gagne même du temps, ce qui peut être précieux quand il y a plus de monde que de toilettes disponibles. Elle est pas belle la vie ?

vendredi 11 novembre 2016

Le faune est venu

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Il est venu me chercher.

Cela arrive parfois, n’est-ce pas ? La tristesse alourdit nos pas, on se laisse avancer sans but, et quand on lève les yeux on se rend compte qu’on ne pouvait pas arriver ailleurs.

Ainsi, le faune et moi.

La première fois, sorti d’une BD prise au hasard chez des amis lors d’une nuit d’insomnie, il est venu m’apporter du calme et de la paix au milieu de mes angoisses.

La deuxième fois pas plus tard qu’hier, alors que je traînais dans une bibliothèque sans trouver de quoi lire, il m’a fait signe sur sa couverture. J’ai reconnu mon vieil ami.

Il l’a redit qu’on pouvait, parfois, se servir de ce qu’on ressent comme une agression pour nourrir ce qui est essentiel pour nous.

Il m’a ramenée à l’humanité de chacun, à nos liens profonds avec les autres et avec la terre qui nous porte.

Il était, il est toujours, exactement ce dont j’avais besoin alors que je doutais et que j’avais peur.

Je vous parle de lui aujourd’hui par envie de partager de la beauté, de la force et de la douceur, parce que j’ai l’impression que nous sommes nombreux à en avoir besoin.

Parce que je pense que si nous arrivons à nous détourner de la fascination que provoquent les affreux, à nous définir par ce que nous voulons, ce que nous aimons, on pourra construire quelque chose de bien.

Avec, pour chacun, un faune sur l’épaule.

mercredi 27 juillet 2016

Regarder avec les oreilles

On parle toujours de regarder un film ; l’audition joue pourtant un grand rôle dans la perception du cinéma. Nous l’allons montrer tout à l’heure.

Une mère et son fils étaient dans une salle de cinéma, prêts à profiter d’un film des studios Pixar. Comme vous le savez ou pas, les films Pixar sont souvent précédés d’un court-métrage d’animation. La mère, qui, je ne peux vous le cacher plus longtemps, était moi, aimait bien ces courts-métrages en général (son préféré étant For the Birds). Elle attendait le début avec impatience.

Voilà qu’à l’écran apparut un petit piaf en bord de mer, un petit piaf qui n’avait pas très envie d’aller chercher sa nourriture lui-même. Il était mignon, pensa notre personnage principal, mais sans plus. Et puis quelle drôle d’idée d’avoir choisi comme bande-son une chanson américaine franchement plus bruyante que musicale… Sans doute un parti-pris artistique, mais raté, pensa-t-elle. Elle regarda le petit film jusqu’à sa fin, et jugea qu’il n’y avait pas de quoi casser trois pattes à un canard boiteux.

Après le court-métrage, l’écran resta noir une ou deux secondes, puis le grand film commença. Enfin… Côté image. Parce que côté son, c’était toujours de la variété made in USA. M’enfin ! C’est seulement à ce moment-là que les spectateurs ont percuté que de choix artistique bizarre il n’y avait point, juste un souci technique. Quelqu’un est sorti signaler le problème, et dix minutes plus tard on relançait le court-métrage, avec la bonne bande-son cette fois-ci.

Que croyez-vous qu’il arriva ? Quand ses oreilles perçurent le pépiement expressif de l’oisillon, la mère se sentit bien plus impliquée dans son histoire, et finit par classer le court-métrage bien haut dans la liste de ceux qu’elle avait vus. Le fils, lui aussi, préféra largement le deuxième visionnage

Vous me direz que j’enfonce des portes ouvertes ; j’en ai conscience. Le phénomène est bien documenté, j’en avais déjà entendu parler avant cette séance et il y a de bonnes chances pour que ce soit votre cas aussi. Il y a cependant une grande différence entre entendre parler d’un phénomène et l’expérimenter. J’en suis ressortie un peu plus humble, et plus consciente du pouvoir de mes oreilles sur ma perception d’un film.