Je n’ai jamais été très habile de mes mains (ni de mes pieds, d’ailleurs - en cours d’EPS, je foirais systématiquement le saut en hauteur, car mon pied d’appel est inexistant. Je finissais donc emberlificotée dans la corde élastique au-dessus de laquelle j’aurais dû passer, comme un veau rétif dans un ranch.)
Jusqu’en 2020, je me tenais donc très à l’écart de toute activité créative impliquant une quelconque dextérité. L’idée même de prendre un stylo pour écrire des lettres élégantes ou dessiner des formes harmonieuses me faisait ruisseler de sueur.
En 2020, enfermement oblige, j’ai décidé d’essayer de nouvelles occupations pour stimuler mon cerveau qui, sinon, tournait en rond dans des pièces rectangulaires.
Je me suis mise au coloriage.
Oui, je sais, archétype assez risible de la recherche de zen chez la femme européenne, mais whatever works, et ça a fonctionné. Je ne suis pas devenue agile du jour au lendemain ; j’ai tout de même progressé, millimètre par millimètre, et dans le même temps j’ai accepté que ce n’était pas grave de se planter, de mal faire, alors que sur ce type d’activité, c’était très compliqué pour moi.

Il y a un gros mois, j’ai franchi un nouveau seuil : la pratique du dessin.
Désormais, je griffonne sur des feuilles et des carnets.
N’étant tout de même pas prête à me jeter dans le vide d’un tel exercice sans appui, j’ai engrangé quelques livres et quelques vidéos qui donnent des idées de petits dessins faciles, et je suis les étapes, avec des stylos qui s’effacent, pour corriger quand c’est possible.
Au bout d’un mois, je ne sais pas si j’ai appris tant que ça, mais au moins je prends plaisir à faire apparaître sur le papier des petites fleurs, des brins de lavande, des soleils, des nuages, et des machines à laver, parce que pourquoi pas ? Le résultat n’est pas toujours joli ni ressemblant, il est néanmoins mien.
Aujourd’hui, si, au détour d’une conversation, on me parle de mes compétences manuelles, je ne vais plus si facilement rejeter le sujet d’un “oh, ce n’est pas pour moi”. C’est peut-être ça, le plus gros changement dans l’histoire.
Ce texte a été écrit en suivant la contrainte de la semaine d’Alana.

Depuis septembre, j'exerce mon métier dans un nouvel endroit. Chance des chances, je peux toujours
Tu es dans une salle de spectable, tu attends le début. Un gars entre sur la scène avec un balai. Tu pourrais croire à un nettoyage de dernière minute, mais eh, on ne te la fait pas, à toi : tu es venu-e pour Stomp, et on va taper du pied, du balai, de tout ce qu'il est possible de taper, tant que ce n'est pas techniquement un instrument de musique.






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