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Fête des mères et école, un mélange détonnant

La fête des mères n’est pas une joie pour moi ; je n’ai pas envie d’être célébrée en tant que mère, et si mes enfants ont envie de me faire des cadeaux, ils peuvent le faire à mon anniversaire. Ça, ça me regarde. Mais la manière dont l’école traite la fête des mères (ou des pères) nous regarde tous, parents ou non, en tant que société.

Actuellement, dans la plupart des écoles (autour de chez moi en tout cas), fabriquer un cadeau pour la fête des mères n’est pas une option pour les enfants, c’est une obligation.

À partir de cette simple observation, on peut dire beaucoup de choses.

D’abord que tous les enfants n’ont pas la chance d’avoir une mère vivante et aimante, et que forcer un enfant que sa mère maltraite, un enfant que sa mère a abandonné ou un enfant dont la mère est morte à faire un cadeau de fête des mères est moralement plus que douteux (ne me dites pas que ça n’arrive jamais, je l’ai vu de mes yeux vu, et plus d’une fois ; en ce qui concerne la maltraitance ou l’abandon, les professeurs ne sont pas toujours au courant, et certains parmi ceux qui le sont préfèrent tout de même faire travailler l’élève concerné comme les autres parce que “c’est plus simple”).

Le niveau d’absurdité atteint quand on oblige un enfant qui a deux pères à écrire à l’un d’entre eux “Maman tu es la plus jolie” ne mérite sans doute pas d’être souligné.

Ensuite, même quand tout va bien dans une famille où une mère est présente, forcer un enfant à déclarer son amour pour sa mère à un moment bien précis, et d’une certaine manière et pas d’une autre, est pour le moins étrange. De quel droit les enseignants se mêlent-ils de nos relations ? Cette année, on a menacé mon fils de le punir parce qu’il préférait écrire un texte à sa façon plutôt que selon le procédé que l’enseignante avait choisi(1). Dans l’absolu je peux comprendre le professeur qui a son projet d’écriture et n’a pas forcément envie de l’adapter aux désirs de chaque enfant, mais pourquoi y mêler les parents dans ce cas ? Autant faire écrire à partir d’un sujet imaginaire.

En ce qui me concerne, les seuls cadeaux qui me font plaisir sont ceux qui viennent du cœur ; quelque chose que mon enfant a été forcé de faire, forcé de faire à ce moment-là, forcé de faire de cette manière-là, est tout sauf un élan du cœur. C’est un devoir que des enseignants ont déguisé en acte d’amour. Je préférerais qu’ils n’en fassent rien.

Notes

(1) d’ailleurs, le choix de mon fils me plaît beaucoup plus que celui de la maîtresse, il me connaît bien.

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