Le portefeuille, ou la compassion

un portefeuille
Wallet, par Charles Deluvio

Un matin, juste avant de partir de chez moi, j’ai vu un portefeuille qui traînait par terre.

J’ai pensé qu’il était tombé de mon sac, et je me suis aussitôt traitée de tous les noms. Mais ça ne va pas la tête, Anna ? Tu te rends compte de la gravité de la chose, laisser ton sac ouvert ? Et s’il était tombé en pleine rue, hein, et qu’il avait fallu faire opposition à la carte bleue, refaire faire la carte d’identité, le permis ? Ça t’aurait peut-être servi de leçon, je te jure, ce n’est pas permis d’être aussi inconséquente, sombre nouille !

La petite voix méchante récriminait encore quand je me suis penchée pour ramasser l’objet du délit, et que j’ai vu qu’il ne s’agissait pas de mon portefeuille, mais de celui de mon cher et tendre.

Aussitôt, j’ai attrapé mon téléphone pour le rassurer, le pauvre, pourvu qu’il n’ait pas remarqué que son portefeuille n’était plus dans son sac, qu’il n’ait pas eu trop le temps de flipper.

La morale de cette histoire ? Pour la compassion, ça va, par contre on dirait que l’autocompassion nécessite encore un poil de boulot.

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